• Autisme, psychose précoce? Tentative d'explication aux parents qui s'emmêlent les pinceaux comme beaucoup de professionnels...

     

    Les auteurs Golse B. et Delion P. dans leur dernier ouvrage commun "Autisme: état des lieux et horizons" apportent un éclairage assez clair en précisant bien que les différentes dénominations ne s'opposent pas mais se complètent.

    "De façon caricaturale on peut dire qu'avec le mot "autisme", les notions fortes sont:

    trouble du développement, origine organique, déficit d'une ou plusieurs fonctions, anomalies somatiques et sensorielles,

    langagières, cognitives, exécutives, de la lecture des émotions, de l'empathie..., Handicap pour la personne, conséquences sur la famille, mesures éducatives.

    Avec le mot "psychose", les notions fortes sont:

    troubles de la personnalité, psychogénèse, place centrale de l'angoisse, rupture avec la réalité, mécanismes défensifs,

    mesures (psycho) thérapeutiques enfant et famille.

    Le plus important à retenir ici pour les parents:

    Actuellement il n'est plus permis avec l'apport des nouvelles recherches d'opposer:

    facteurs organiques et environnementaux

    éducation et thérapie

    développement et construction de la personnalité."

    Il n'y a pas de choix à faire entre des méthodes d'apprentissages et un soutien psychologique, ni entre l'espérance d'une avancée génétique et un suivi quotidien de votre enfant.

    Si je pouvais amener un apport personnel ici, je dirais que de nos jours la "mode" est à la précipitation. Bien évidement je comprends avec force les parents qui n'ont aucune intention de perdre du temps dans la prise en charge de leur enfant! Un diagnostic précoce est primordial et un suivi dès le plus jeune âge également.

    Mais pourquoi devriez vous choisir entre méthodes éducatives et thérapie? Entre telle nouveauté et telle autre?

    C'est pour cela que j'ai envie de me battre dès aujourd'hui. Il m'arrive d'être idéaliste _c'est la jeunesse diront certains et ils auront raison_ mais je crois que c'est un grand combat qu'il faut engager pour ces enfants et à mon sens rien n'est jamais trop. Il y a juste des professionnels qui, face à la réalité perdent un peu de cet idéalisme. Je les comprends et vous aussi. Il est vrai que la réalité oppose encore énormément les diverses professions touchant à l'autisme. Les problèmes financiers des établissements, la difficulté à faire avancer les projets ainsi que le manque de personnel constituent le mur blanc devant lequel ces ideaux retombent.

    Mais il est aussi question de changer de façon de penser. Bien vouloir arrêter de cliver les méthodes pour n'en faire plus qu'une.

    Imaginez des centres fleurissant un peu partout dans le monde où votre enfant serait pris en charge pas des professionnels d'horizons aujourd'hui quasiment opposés!

    Méthodes teach et aba d'un coté du centre, psychologues spécialisés de l'autre. Sans oublier les cognitivistes.

    Entre les deux, une salle de classe, une réservée à la rencontre des parents, une autre pour la gymnastique et le développement psychomoteur, divers ateliers conte, photo, poterie, dessin...

    Et puis un pédopsychiatre, un médecin, une équipe éducative. Pourquoi pas un groupe de recherche sur l'aspect génétique du handicap dans au moins un de ces centres par régions?

    Enfin tout ce que l'on sait être favorable au développement de l'enfant autiste mais dont on le prive forcément en ayant d'autre choix que de préférer une méthode à une autre. Tout cela en suivant les modes bien sur!

    Je sais bien que je dois faire sourire tous les professionnels et parents.

    Pourtant ils auraient enfin UN lieu commun où l'approche serait globale et non plus étriquée.

    Les parents auraient fini de gambader partout y compris dans des pays étranger parcequ'ils aiment leur enfant.

    Les professionnels feraient des avancées fulgurantes en observant le résultat de toutes ces méthodes avec l'enfant autiste.

    Les bilans seraient bien plus joufflus et peut être aurions nous l'impression d'un peu plus de cohérence face à un handicap complexe.

    N'hésitez pas à déposer tous vos commentaires, soit pour encourager mon idéalisme soit pour critiquer avec virulence, car j'en suis certaine les deux seront complémentaires!

    Laura Soret

     



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  • Commentaires

    1
    MISS26
    Dimanche 22 Juin 2008 à 23:42
    MALADIES DITES MENTALES
    Bonsoir, Je suis éducatrice et je m\\\'intéresse de près à la schizo, à la psychose, à l\\\'autisme, et aux maux parait-il psychologiques dont souffre les adultes dont je m\\\'occupe. Bravo pour votre approche !!! Parfois je rêve de faire partie d\\\'une équipe multidisciplinaire avec des approches différentes car l\\\'explication du tout psy ne m\\\'a jamais satisfaite et j\\\'ai toujours pensé qu\\\'il y avait des origines génétiques, environnementales, neurobiochimiques..etc...donc des explications un peu plus sérieuses que \\\"la fameuse faute des parents\\\" qui m\\\'a toujours révoltée en tant qu\\\'éduc... Dans ma longue carrière professionnelle (j\\\'ai maintenant 56 ans) j\\\'ai souvent cherché des explications en observant beaucoup et en m\\\'interrogeant tout le temps... Je me disais qu\\\'un jour ou l\\\'autre la recherche scientifique avancerait et que d\\\'autres hypothèses verraient le jour, nous sommes \\\"rendus\\\" à ce point actuellement...et nous n\\\'en sommes qu\\\'aux balbutiements à mon avis. Cela ne veut pas dire qu\\\'il faut rejeter les aides éducatives et psychologiques que nous pouvons apporter, mais nous devrions désormais les apporter en connaissant un peu plus le fonctionnement du cerveau humain qui est tout de même bien en cause dans beaucoup de ces maladies; mais qui nous apportera ces conaissances ? la plupart des psy de tout poil en France particulièrement, raisonnent encore selon Freud (voir le livre noir de la psychanalyse). Les sites canadiens et québèquois me semblent intéressants car ils sont nettement + en avance que nous sur ce plan-là. Voilà, je cherche et je m\\\'interroge sans arrêt, j\\\'ai 3 schizos sur l\\\'unité où je travaille (10 personnes au total) je passe le plus de temps possible avec eux pour les rassurer, pour les écouter, pour les aider à gérer les problèmes engendrés par leur maladie (dont 2 sur 3 sont conscients car la maladie leur a été expliquée au regard des connaissances actuelles)la 3ème hélas ! renie tout en bloc, j\\\'ai bien essayé de lui expliquer qu\\\'elle n\\\'était pas responsable de ce qui lui arrivait et qu\\\'elle devait accepter son traitement, même s\\\'il ne résolvait pas tout et qu\\\'il était loin d\\\'être parfait, mais sa seule réponse actuellement est de dire qu\\\'elle est intelligente et qu\\\'elle ne devrait pas avoir ces troubles. Comme je ne sais pas exactement si le psychiatre lui a expliqué l\\\'origine de sa maladie, ou du moins ce qu\\\'on en connait à ce jour, je ne sais pas trop comment faire avec elle, mais je vais trouver, car cette jeune fille de 21 ans si perturbée soit-elle, a des capacités, et je dois trouver comment lui permettre de les mettre en valeur et faire en sorte qu\\\'elle aille mieux, comme vous voyez ce n\\\'est pas simple... Bon, je vais arrêter-là pour ce soir, si mon témoignage vous a intéressé, je serais ravie de vous lire. Cordiales salutations. Hélène Durand (c\\\'est mon vrai nom)
    2
    Stéphane
    Dimanche 28 Décembre 2008 à 21:46
    Autisme
    Bonjour Laura, je suis tombé par hasard sur votre blog, l'autisme est un sujet très intéressant. Votre approche l'est également, même si bien sûr, c'est une approche très idéaliste... mais pourquoi pas?! Bon courage si vous vous lancez dans le combat. Stéphane Soret
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